Commentaire pOsté par:
Sergent-peperBon ben je me décide, voilà mon histoire ^^ (bon courage si tu veux tout lire)
Alors je m'appelle Emeline, bientôt 19 ans, et le fait de lire l'histoire de Joul m'a un peu rassuré faut dire ^^
Parce que figure-toi que je me suis rendue compte que j'aimais les filles quand j'avais 7 ans aussi ! En fait j'avais embrassé un garçon sur la bouche l'année d'avant (mon "petit copain" de l'époque en fait), et quand on m'avait demandé "alors c'était comment", je n'avais pas pu répondre autre chose que "mouillé", ce qui m'avait valut de grands éclats de rire de la part de mon grand-frère. Donc à 7 ans, j'étais en primaire et avec des copines on venait de découvrir que dans les films, les gens ne s'embrassent pas pour de vrai : si ils prennent la tête de l'autre dans les mains c'est pour pouvoir glisser le pouce sur la bouche de l'autre et de cette façon, ils s'embrassent le pouce et pas la bouche ! (du moins c'était ce qu'on croyait à l'époque). On a donc voulut essayer, et nous voilà dans la salle de sport devant les autres en train de nous faire des "bizoux de cinéma". Mais quand j'ai voulut essayer avec ma meilleure amie de l'époque, elle avait mal mis son pouce et je l'ai vraiment embrassée (sans la langue évidemment) et il se trouve qu'à ma grande détresse, ça m'a plut. On s'est ensuite fait traitées d'homos par les autres et on leur a expliqué le plus naturellement du monde qu'on s'embrassait pas pour de vrai, que c'était du cinéma et tout, mais après ça ma meilleure amie c'est peu a peu éloignée de moi, jusqu'à ne plus me parler du tout. J'ai appris plus tard que si ses parents l'avaient changée d'école l'année d'après, c'était à cause de ça.
Moi par contre, je n'ai rien dit a personne, je me suis persuadée que j'étais hétéro, que j'étais normale. Je me prenais pour un monstre et j'avais peur de "contaminer" les autres si je leur parlais ou si je devenais leur amie. Je me suis donc renfermée sur moi-même et je suis devenue très timide. J'avais tellement tourné ces idées dans ma tête que je m'étais interdit tout contact physique avec des filles, de peur de leur donner ma "maladie". Je me suis donc forcée à sortir avec des mecs pour être comme tout le monde, mais ça n'a jamais marché, je n'ai jamais ressentit ce que j'avais ressentit en embrassant cette fille en primaire.
Et puis est arrivée l'adolescence avec tous ses bouleversements. Je détestais ce que je savais sur moi, je ne me comprenais pas. J'étais tellement perdue (et mon entourage aidant aussi, faut le dire) que j'en suis arrivée à me scarifier : je méritais de souffrir parce que je n'étais pas normale, il fallait que je m'ôte tous ces sentiments contre-nature (je précise que je n'ai jamais voulut m'ôter la vie).
C'est au lycée que j'ai commencé à parler de ce que je me faisais à ma meilleure amie. Elle m'a beaucoup aidée et j'ai finalement arrêté de m'en vouloir. C'est aussi à cette époque que j'ai appris qu'il existait des gens comme moi, appelés "homosexuels" et que ça n'avait rien d'anormal, qu'on n'avait pas à se cacher d'aimer. J'ai alors arrêté de me poser des questions, j'étais enfin en paix avec moi-même, sans pour autant faire mon coming-out.
C'est en terminale que j'ai rencontré la fille qui restera la femme de ma vie. Nous sommes sorties ensemble aux vues de tous. Bien évidemment, on a aussi eu à subir les "sales gouines" et autres insultes que je ne relaterais pas ici, mais mon meilleur ami (assez baraqué d'ailleurs) avait fait le choix de rester avec nous pendant les récrées pour dissuader ces idiots de s'en prendre à nous physiquement. Ce qui m'a fait le plus plaisir, c'est que toutes nos copines l'ont très bien pris, on était très liées et on est restées aussi liées après qu'on leur ait avoué ça, parce qu'on fond, "le fait de le savoir ne change pas notre regard sur vous, vous êtes heureuses et c'est tant mieux !"
Est arrivé ensuite le moment où il a fallut le dire à mes parents (ceux de ma compagne étaient déjà au courant). Ma mère a été très choquée de l'apprendre (je lui ai dit que j'étais bi pour limiter les dégâts) mais a finalement avoué que je restais sa fille, quel que soit mon choix final, car être bi n'est pas une orientation pour elle. Mon père ne m'a jamais dit comment il avait prit la nouvelle, il ne s'est pas ouvert, il m'a juste interdit de dormir dans le même lit qu'elle. Ils ont cependant accepté de la rencontrer, et ils ont trouvé qu'elle n'était pas si "infréquentable" que ça. Cependant ça n'arrangeait pas les choses, parce qu'on ne pouvait plus avoir une discussion "normale" avec mes parents. A chaque fois on commençait tranquillement, et l'un ou l'autre haussait le ton, ce qui fait que chaque fois on s'engueulait. Ca devenait assez insupportable pour moi, mais j'ai tenu bon car je savais qu'après le bac, je serai dans un appartement loin d'eux. Mais rien n'a changé après le bac. Chaque fois que je rentrais en week-end, ma mère me reprochait de ne pas me voir assez souvent : elle ne voulait plus que je voie ma copine. On finissait toujours par s'énerver et par s'engueuler. Ma copine a fini par me larguer et mes parents sont devenus bien plus gentils avec moi (après un petit passage de "je te l'avais bien dit, il n'y a qu'avec un mec que ça aurait pu marcher")